La micro-entreprise est un excellent tremplin pour démarrer. Mais à mesure que votre activité croît, certains signaux indiquent qu’il est temps de changer de statut. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est souvent la structure vers laquelle se tournent les auto-entrepreneurs qui veulent franchir un cap. Voici comment décider et opérer cette transition.
Les signaux qui indiquent qu’il faut changer
- CA proche du plafond : 77 700 EUR pour les prestations de services en 2026. Au-delà, vous perdez la franchise TVA et le régime micro.
- Taux de charges sociales trop élevé : en micro, vous payez les cotisations sur le CA brut. En SASU, vous pouvez optimiser via rémunération + dividendes.
- Clients B2B exigeants : certaines grandes entreprises ou institutions refusent de travailler avec des auto-entrepreneurs (responsabilité limitée, crédibilité).
- Embauche prévue : la micro-entreprise n’est pas adaptée à la gestion de salariés.
- Besoins d’investissement : lever des fonds ou entrer des associés est très difficile en micro.
Avantages de la SASU par rapport à la micro
| Critère | Micro-entreprise | SASU |
|---|---|---|
| Responsabilité | Illimitée (patrimoine personnel) | Limitée aux apports |
| Cotisations sociales | Sur CA brut (12 à 22%) | Sur rémunération réelle |
| Optimisation fiscale | Limitée | Rémunération + dividendes |
| TVA | Franchise sous plafond | Collectée dès le 1er euro |
| Crédibilité | Variable | Forte (personne morale) |
| Comptabilité | Livre des recettes | Comptabilité complète obligatoire |
Le processus de transition étape par étape
Étape 1 : Anticiper et planifier
Ne faites pas la transition dans l’urgence. Idéalement, planifiez 3 à 6 mois à l’avance. Consultez un expert-comptable pour simuler l’impact fiscal sur votre situation personnelle.
Étape 2 : Créer la SASU
- Choisir le capital social (pas de minimum légal, 1 EUR suffit mais 1 000 EUR recommandé)
- Rédiger les statuts (avec ou sans avocat/notaire)
- Publier un avis de constitution dans un journal d’annonces légales (~150-200 EUR)
- Déposer le dossier au guichet unique (Infogreffe ou plateforme INPI)
- Recevoir le Kbis (5 à 10 jours ouvrés)
Étape 3 : Gérer la coexistence
Il n’est pas obligatoire de fermer la micro avant d’ouvrir la SASU. Vous pouvez les faire coexister pendant une période de transition, à condition de respecter les obligations déclaratives de chaque structure.
Étape 4 : Fermer la micro-entreprise
Déclarez la cessation d’activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Réglez les dernières cotisations et vérifiez que tous les contrats clients sont transférés à la SASU.
Étape 5 : Ouvrir un compte bancaire professionnel SASU
Une SASU est obligatoirement dotée d’un compte bancaire distinct. Les virements personnels sur le compte entreprise ou vice-versa doivent être évités.
Le coût de la transition
- Création SASU : 300 à 800 EUR (selon mode et accompagnement)
- Expert-comptable : 1 200 à 3 000 EUR/an
- Logiciel de comptabilité : 20 à 80 EUR/mois
FAQ
Peut-on apporter son fonds commercial de la micro à la SASU ?
Oui, via un apport en nature évalué par un commissaire aux apports (obligatoire si valeur > 30 000 EUR ou si l’apport représente plus de la moitié du capital).
Perd-on les clients si on change de statut ?
Non. Vous continuez vos missions, mais les contrats doivent mentionner la nouvelle entité juridique. Informez vos clients et mettez à jour vos devis et factures.
La SASU est-elle soumise à l’impôt sur les sociétés ?
Par défaut oui (IS). Mais vous pouvez opter pour l’IR pendant les 5 premières années.
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